Démarche

Le mouvement, fort de ses liens historiques avec la sculpture, est la thématique centrale de mes recherches, que ce soit statodynamique, anticipatif ou réel.

Mon travail consiste à construire des sculptures manipulables d’ordinaire en bois, en métal et en tissus. Par le biais de modules activables, le corps entre en contact avec la sculpture comme une sorte d’expérience empirique. Au moyen d’interventions performatives, l’objectif est de faire la démonstration du fonctionnement de l’objet, ou plutôt de sa non-fonction. Cette action est par la suite captée et la vidéo sert d’indice ou de mode d’emploi dans l’espace d’exposition. J’entrevois la performance comme un accompagnement, à l’image de fèves vertes, mais celles cuites à point et roulées dans le beurre (pour ne pas les dénigrer à titre de garniture ennuyeuse). Il reste essentiel que la sculpture prédomine dans l’espace par rapport à l’action et qu’elle soit autonome. Avec l’emploi de mécanismes élémentaires, la projection mentale d’un mouvement est créée, même lorsque la sculpture est inopérante, produisant un évènement en suspens.

 

Mon rapport au bois est aussi très distinctif, considérant que je m’approvisionne à même la terre familiale où j’ai grandi. Ce matériau m’est très cher et marque ma façon de le travailler. De plus, mes sculptures s’amorcent toujours avec une phrase lue ou entendue qui constituera leur titre et leur octroiera une personnalité, par exemple : Toi & Moi, ça va nulle part (image 06).

 

Dans mes recherches, j’embrasse le concept d’échec en acceptant les défectuosités, le patentage, les malaises, mais surtout l’inutile qui partage mon quotidien d’artiste. L’idée est d’épouser le fait que l’art est foncièrement anti-productif et qu’il est primordial qu’il le reste. Non pas dans une optique péjorative, mais plutôt en réaction aux recherches axées sur l’avancement d’un intérêt politique ou économique. Mes sculptures servent davantage à raviver l’inutilité comme valeur essentielle.